Taxer les boissons : une mesure injuste, stigmatisante et sans fondement

Paris, le 25 aout 2011 – LʼAssociation Nationale des Industries Alimentaires (ANIA) – consciente des conséquences de la crise mondiale et des enjeux auxquels la France est également confrontée – ne peut quʼapprouver la volonté gouvernementale de prendre des mesures fortes pour réduire le déficit public.
Néanmoins, alors que le premier ministre vient dʼannoncer les principales mesures du budget 2012, l’ANIA rappelle que lʼindustrie alimentaire, de part le rôle quʼelle joue dans la consommation quotidienne des français notamment, ne peut être traitée comme dʼautres biens de consommation en matière de fiscalité.
Ainsi, taxer certaines denrées alimentaires, sur la base dʼarguments de santé publique, alors même que ces produits sont autorisés sur le marché, et quʼils font lʼobjet de contrôles permanents de la part des autorités sanitaires, est purement et simplement illogique et scandaleux. Une telle mesure revient à stigmatiser ces produits en les désignant comme « mauvais » ou « nocifs », en appliquant la même politique fiscale que pour le tabac, sans justification scientifique.
En effet, les boissons sucrées représentent moins de 3,5 % de lʼapport calorique quotidien des Français*. Cette mesure méconnaît par ailleurs lʼaction engagée par les industriels concernés, souvent en concertation avec lʼEtat : réduction du taux de sucres dans leurs boissons, mise en œuvre dʼune communication responsable et promotion de lʼactivité physique. Dʼautre part, les spiritueux sont déjà taxés à hauteur de plus de 80% du prix de vente aux consommateurs. Par conséquent, cette nouvelle mesure, qui prévoit une augmentation de 90 centimes par litre pour les boissons titrant 40°, ne fait quʼaccroître la discrimination dont font déjà lʼobjet ces produits.
Jean-René Buisson, Président de lʼANIA, rappelle que « Sur le marché français, il n’y a pas de produits alimentaires « nocifs » qui justifierait d’être pénalisé financièrement. Or, si elles étaient adoptées, ces mesures de taxation sur quelque produit alimentaire que ce soit, y compris les boissons sucrées ou les spiritueux, viendraient semer le trouble et jeter lʼopprobre sur tous les produits, auprès des consommateurs, dans un climat déjà très anxiogène ».
Pour autant, il est évident que des solutions économiques doivent être trouvées et que chaque acteur doit y contribuer. Cʼest pourquoi, lʼANIA souhaite être associée à toute réflexionsur ces dossiers. Des solutions sont envisageables, dès lors quʼelles sont discutées, concertées, évaluées et pré-testées, afin de ne pas engendrer dʼeffets pervers.
*CREDOC, CCAF 2010
LʼAssociation Nationale des Industries Alimentaires (ANIA) rassemble 22 fédérations nationales sectorielles et 18 associations régionales des industries alimentaires. Elle représente plus de 10 000 entreprises alimentaires de toutes tailles et de tous secteurs. Elle est le porte-parole de l’industrie alimentaire et agit pour promouvoir les intérêts des entreprises du 1er secteur économique français.
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